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Salaire minimum au Canada 2027 : taux actuels et calendrier
Le salaire minimum de l'Île-du-Prince-Édouard passera à 17,60 $ de l'heure le 1er avril 2027, contre 17,30 $ actuellement (+1,73 %). À la fin d'octobre 2026, c'est le seul salaire minimum de 2027 officiellement fixé au Canada. Tous les autres taux, y compris le plancher fédéral de 18,15 $ qui s'applique à environ 1,0 million de salariés d'employeurs du secteur privé sous réglementation fédérale, seront déterminés au cours des prochains mois. Tous les montants sont en dollars canadiens.
Pour les travailleurs, l'ampleur de la hausse de l'an prochain reste inconnue dans la majeure partie du pays. Pour les équipes RH et les petits employeurs, les budgets de masse salariale de 2027 reposent sur des estimations. Un changement est toutefois déjà acquis pour presque tous les talons de paie hors Québec : le 1er janvier 2027, le taux de cotisation de base au Régime de pensions du Canada (RPC) passera de 4,95 % à 4,75 %, tant pour les salariés que pour les employeurs.
Voici le calendrier daté de qui obtient quoi et quand, ce que rapporte aujourd'hui un emploi à temps plein au salaire minimum (brut et net), ce qu'il coûte à l'employeur, ainsi que les taux particuliers pour les étudiants, le personnel à pourboire et d'autres groupes.
1. Le calendrier 2027 : qui obtient un nouveau salaire minimum, et quand
Le Canada n'a pas de salaire minimum unique. Le gouvernement fédéral fixe un taux pour les employeurs du secteur privé sous réglementation fédérale, et chaque province et territoire fixe son propre salaire minimum général pour tous les autres. La plupart indexent désormais leurs taux à l'inflation, ce qui explique que les dates soient prévisibles même lorsque les montants ne le sont pas.
- 1er janvier 2027 : le taux de base du RPC passe de 4,95 % à 4,75 % pour les salariés et les employeurs. Au Québec, les travailleurs cotisent au Régime de rentes du Québec, distinct.
- 1er avril 2027 : le salaire minimum fédéral est ajusté à l'inflation de 2026 et l'Île-du-Prince-Édouard passe à 17,60 $. La Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador et le Yukon s'ajustent aussi à cette date; aucun n'avait publié de taux pour 2027 à la fin d'octobre 2026.
- 1er mai 2027 : le Québec, actuellement à 16,60 $.
- 1er juin 2027 : la Colombie-Britannique, en vertu de ses hausses annuelles liées à l'inflation.
- 1er septembre 2027 : les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, qui applique désormais une formule d'indexation.
- 1er octobre 2027 : l'Ontario (17,95 $ aujourd'hui), le Manitoba (16,40 $) et la Saskatchewan (15,70 $).
- Aucune date prévue : l'Alberta, inchangée à 15 $ depuis 2018.
Certains de ces chiffres de 2027 sont assortis d'une échéance légale de publication. L'Ontario doit publier son taux d'octobre d'ici le 1er avril 2027 et le Manitoba avant le 1er avril 2027, tandis que la Saskatchewan l'annonce normalement d'ici le 30 juin 2027. Le taux de l'Île-du-Prince-Édouard est passé de 17,00 $ à 17,30 $ le 1er octobre 2026, selon le tableau des changements de taux de Gowling WLG. Le Nouveau-Brunswick a lancé en août 2026 sa première consultation publique sur le salaire minimum en dix ans, comme l'a rapporté HR Director; sa méthode pourrait donc changer. La Nouvelle-Écosse relève son taux deux fois par année (il a atteint 16,75 $ le 1er avril 2026), un rythme critiqué par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).
Ce manque de prévisibilité, c'est le volet employeur de l'histoire. Commentant la hausse d'octobre à l'Île-du-Prince-Édouard, Frédéric Gionet, directeur pour l'Atlantique de la FCEI, a résumé la doléance des petites entreprises :
« Les entreprises ont besoin d'un système prévisible et lié à l'évolution réelle des salaires dans l'économie de l'Île, plutôt que d'une série de hausses qui redéfinissent sans cesse leurs coûts de main-d'œuvre. »
2. Le plancher fédéral : 18,15 $ aujourd'hui, et ce que pourrait apporter le 1er avril 2027
Le salaire minimum fédéral est passé à 18,15 $ de l'heure le 1er avril 2026, comme l'a annoncé Emploi et Développement social Canada (EDSC) le 24 mars 2026. Il s'applique au secteur privé sous réglementation fédérale : transport interprovincial et international, télécommunications, banques, extraction d'uranium, la plupart des sociétés d'État fédérales, services céréaliers et conseils de bande autochtones. En 2024, ce secteur comptait 18 500 employeurs et 1,0 million de salariés, soit 5,8 % de la main-d'œuvre canadienne, selon EDSC. Le taux couvre aussi les stagiaires et les salariés de moins de 18 ans.
Lorsque le salaire minimum général d'une province est plus élevé, l'employeur sous réglementation fédérale doit verser le taux supérieur. Si la province applique des taux selon l'âge, c'est le plus élevé qui compte (Code canadien du travail, article 178). La ministre de l'Emploi et des Familles, Patty Hajdu, l'a formulé ainsi : « Veiller à ce que le salaire minimum fédéral augmente au rythme de l'inflation constitue un plancher qui protège les travailleurs, en particulier ceux qui occupent les emplois les moins bien rémunérés des secteurs sous réglementation fédérale. »
Le taux de 2027 suit une formule fixe prévue à l'article 178.1 du Code canadien du travail. Chaque 1er avril, le taux précédent est multiplié par la variation de la moyenne annuelle de l'Indice des prix à la consommation (IPC) d'ensemble du Canada, non désaisonnalisé, publié par Statistique Canada, puis arrondi aux 0,05 $ supérieurs. Le taux ne peut jamais baisser. La moyenne de 2026 nécessite les données d'octobre à décembre; le chiffre n'est donc pas encore connu. Statistique Canada a établi l'inflation sur 12 mois à 3,0 % en août et à 3,1 % en septembre 2026.
À titre indicatif seulement, et non officiel : une hausse moyenne de l'IPC de 2,5 % en 2026 porterait le taux fédéral à 18,65 $, une hausse de 3,0 % à 18,70 $ et une hausse de 3,25 % à 18,75 $. Sur 2 080 heures par année, chaque tranche de 5 cents ajoute 104 $ au salaire brut annuel.
L'écart compte surtout en Alberta. Un salarié sous réglementation fédérale y gagne au moins 18,15 $, soit 3,15 $ de l'heure de plus que les 15,00 $ provinciaux, ou 6 552 $ par année à raison de 40 heures par semaine. Si vous vivez dans une province où le minimum est bas et que vous parcourez les emplois offerts, les postes dans les banques, chez les fournisseurs de télécommunications ou dans les entreprises de transport interprovincial intègrent d'office le plancher fédéral.
En entrevue d'embauche avec un employeur sous réglementation fédérale, demandez à quel minimum l'offre est arrimée, et si votre salaire est révisé automatiquement chaque 1er avril lorsque le taux fédéral change.
3. Comment on en est arrivé là : bref historique
Le salaire minimum fédéral autonome est récent. Jusqu'au 29 décembre 2021, le Code canadien du travail renvoyait simplement au minimum général de la province où le salarié travaillait habituellement. Le nouveau taux de 15,00 $, proposé dans le budget de 2021, augmente chaque avril depuis : 15,55 $ en 2022 (+3,7 %), 16,65 $ en 2023 (+7,1 %), 17,30 $ en 2024 (+3,9 %), 17,75 $ en 2025 (+2,6 %) et 18,15 $ en 2026 (+2,25 %). Cela représente 21 % en un peu plus de quatre ans. À son lancement, EDSC prévoyait qu'environ 26 000 salariés obtiendraient une augmentation; la hausse de 2024 en a touché environ 30 000.
Les provinces racontent une histoire semblable. Le salaire minimum général de l'Ontario est passé de 16,55 $ (octobre 2023) à 17,20 $ (octobre 2024), 17,60 $ (octobre 2025) et 17,95 $ (octobre 2026). Le Manitoba est passé de 13,50 $ en octobre 2022 à 16,40 $ en octobre 2026, avec une étape supplémentaire en avril 2023. Le taux de la Saskatchewan, annoncé le plus récemment par le gouvernement de la Saskatchewan le 29 juin 2026, a augmenté de plus de 90 % depuis 2008, passant de 8,25 $ à 15,70 $. Le taux général du Québec a atteint 16,60 $ le 1er mai 2026, une hausse de 3,11 % qui, selon le gouvernement du Québec, profite à 258 900 personnes.
Le minimum est un plancher, pas une référence. Si vous occupez le même poste depuis quelques années, vérifiez comment votre salaire se compare à celui d'autres personnes occupant le même poste : lorsque le minimum augmente, bien des employeurs n'ajustent que le bas de leur échelle salariale.
4. Ce que rapporte un emploi à temps plein au salaire minimum : brut, net et coût pour l'employeur
Les calculs ci-dessous supposent une semaine de 40 heures sur 52 semaines (2 080 heures). Les montants nets sont nos estimations pour un salarié célibataire ne réclamant que les crédits de base, selon l'impôt fédéral et provincial de 2026 et les retenues du RPC et de l'assurance-emploi (AE). Votre résultat variera selon vos crédits et avantages.
Ontario à 17,95 $
Le salaire brut s'élève à 37 336 $ par année, contre 36 608 $ à l'ancien taux de 17,60 $. Cette différence correspond au gain annuel de 728 $ cité par le gouvernement de l'Ontario. Après retenues, le salaire net est d'environ 30 900 $ par année, contre environ 30 360 $ : quelque 540 $ de la hausse aboutissent donc dans votre compte bancaire. L'Ontario Living Wage Network établit le salaire viable dans la région du Grand Toronto à 27,20 $ de l'heure.
Selon le gouvernement de l'Ontario, le commerce de détail emploie environ 35 % des travailleurs au salaire minimum de la province, et l'hébergement et la restauration, 24 %. Consulter les salaires au Canada pour les emplois du commerce de détail et de l'hôtellerie permet de voir rapidement si une offre se situe au plancher ou au-dessus.
Un travailleur sous réglementation fédérale en Alberta à 18,15 $
Le salaire brut s'élève à 37 752 $ par année, contre 36 920 $ à 17,75 $. Le salaire net est d'environ 31 700 $, contre environ 31 100 $ avant la hausse d'avril 2026. Un collègue albertain payé au minimum provincial de 15,00 $ gagne 31 200 $ brut.
Ce qu'il en coûte à l'employeur
À ce niveau de rémunération, les cotisations patronales au RPC et à l'AE ajoutent environ 7,7 % au salaire brut. Le coût annuel total d'un salarié ontarien à temps plein au salaire minimum s'établit ainsi à environ 40 210 $ (environ 2 875 $ de cotisations). Pour un salarié sous réglementation fédérale en Alberta, le total atteint environ 40 660 $ (environ 2 905 $). Cotisations comprises, chaque hausse de 5 cents du taux fédéral ajoute environ 112 $ par année par salarié à temps plein.
Partez de votre taux horaire brut et de vos heures hebdomadaires habituelles, puis calculez votre salaire net pour 2027 selon chacun des scénarios fédéraux ci-dessus. Vous saurez ainsi ce que représente pour votre paie une variation de 5 ou 10 cents de l'heure.
5. Le seul changement certain en 2027 : une retenue du RPC plus faible
Le projet de loi C-30, proposé pour la première fois dans la Mise à jour économique du printemps 2026, a reçu la sanction royale le 18 juin 2026, selon Knowledge Bureau. À compter du 1er janvier 2027, il réduit le taux de base combiné du RPC de 9,9 % à 9,5 % : salarié et employeur paient chacun 4,75 % au lieu de 4,95 %. Contrairement aux salaires minimums, ce changement n'est pas en suspens.
La baisse s'applique aux gains supérieurs à l'exemption de base de 3 500 $. Pour le travailleur ontarien à 37 336 $, environ 68 $ de moins par année vont au régime de retraite; pour le travailleur sous réglementation fédérale en Alberta, environ 69 $. L'employeur économise le même montant par salarié. Une cotisation au RPC moins élevée signifie aussi un crédit d'impôt légèrement inférieur, de sorte que le gain net du travailleur est un peu plus faible. Au Québec, les travailleurs cotisent plutôt au Régime de rentes du Québec et ne sont pas visés par cette baisse.
Voici les deux scénarios pour 2027. Si votre taux reste gelé, comme le minimum provincial de l'Alberta, la baisse du RPC ajoute à elle seule environ 68 $ par année au salaire net d'un travailleur à temps plein. Si le taux augmente au rythme de l'inflation récente, les deux effets s'additionnent : pour un travailleur sous réglementation fédérale, un passage à 18,70 $ ajouterait 1 144 $ de salaire brut sur 2 080 heures, en plus de l'économie au RPC.
6. Salaires minimums particuliers : étudiants, pourboires, guides et exemptions
- Étudiants en Ontario : les étudiants de moins de 18 ans qui travaillent 28 heures ou moins par semaine pendant l'année scolaire, ou qui travaillent pendant les congés scolaires, gagnent au moins 16,90 $ de l'heure depuis le 1er octobre 2026 (contre 16,60 $).
- Travailleurs à domicile en Ontario : 19,70 $ de l'heure (contre 19,35 $).
- Guides de chasse, de pêche et de plein air en Ontario : au moins 89,75 $ pour moins de cinq heures consécutives dans une journée, et 179,50 $ pour cinq heures ou plus.
- Salariés au pourboire au Québec : 13,30 $ de l'heure depuis le 1er mai 2026 (hausse de 0,40 $), maintenu à environ 20 % sous le taux général. Les cueilleurs de framboises gagnent au moins 4,93 $ le kilogramme et ceux de fraises, 1,32 $.
- Manitoba : aucun taux pour étudiants. Le même minimum s'applique quel que soit l'âge ou le nombre d'heures travaillées, avec des règles distinctes pour la construction lourde et la construction industrielle, commerciale et institutionnelle (ICI).
- Saskatchewan : les exemptions visent notamment les ouvriers agricoles, d'élevage et de culture maraîchère, certains fournisseurs de soins employés dans des résidences privées et les gardiens d'enfants occasionnels.
- Fédéral : les apprentis inscrits et rémunérés en vertu d'une loi provinciale sur l'apprentissage sont exemptés. Si un salarié accepte le gîte et le couvert fournis par l'employeur, sa paie peut être inférieure au minimum d'au plus 50 cents par repas et 60 cents par jour pour le logement.
Conclusion
Le prochain chiffre confirmé est celui de l'Île-du-Prince-Édouard : 17,60 $ le 1er avril 2027. Le taux fédéral pour la même date sera fixé une fois que Statistique Canada aura publié la série complète de l'IPC de 2026, et les taux d'octobre de l'Ontario et du Manitoba suivront au plus tard le 1er avril 2027.
Pour les employeurs, la démarche pratique consiste à budgéter dès maintenant selon plusieurs scénarios (les cas de 2,5 %, 3,0 % et 3,25 % ci-dessus offrent une fourchette raisonnable pour le plancher fédéral) et à intégrer le changement du RPC dès la première paie de janvier 2027. Pour les travailleurs : mettez votre CV à jour avant les hausses du printemps afin de pouvoir agir vite si un poste mieux payé se présente, et faites vos calculs à l'aide d'un calculateur de salaire dès la publication des nouveaux taux.
FAQ
Quel est le salaire minimum fédéral au Canada actuellement?
Il est de 18,15 $ de l'heure depuis le 1er avril 2026 pour les employeurs du secteur privé sous réglementation fédérale. Si le taux provincial ou territorial est plus élevé, c'est le taux supérieur qui s'applique.
Quels salaires minimums de 2027 sont déjà connus?
À la fin d'octobre 2026, seulement celui de l'Île-du-Prince-Édouard : 17,60 $ de l'heure à compter du 1er avril 2027.
À combien s'élèvera le salaire minimum fédéral le 1er avril 2027?
On ne le sait pas encore, car il dépend de l'IPC moyen du Canada en 2026. À titre indicatif, une inflation moyenne de 2,5 % donnerait 18,65 $, de 3,0 %, 18,70 $, et de 3,25 %, 18,75 $.
Quelle province a le salaire minimum le plus bas?
Parmi les taux présentés ici, celui de l'Alberta, à 15,00 $, est le plus bas, et il n'a pas changé depuis 2018. Les salariés sous réglementation fédérale en Alberta touchent tout de même au moins 18,15 $.
Mon salaire net changera-t-il en janvier 2027 même si mon salaire ne bouge pas?
Oui, partout hors Québec. Le taux de base du RPC passe de 4,95 % à 4,75 %, ce qui représente environ 68 $ par année pour un travailleur ontarien à temps plein au salaire minimum.
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